Wissekerke - 07.037
Mission
Le pont suspendu en fer forgé du château de Wissekerke a été conçu en 1824 par l'ingénieur J.B. Vifquain (1789-1854). Le 3 juillet 1981, le pont fut mis sous la protection de la Commission Royale des Monuments et Paysages pour sa grande valeur historiique. En 2006 la commune de Kruibeke-Bazel rachète le parc ainsi que le pont (le château étant déjà en sa possession) et prend l’initiative de les restaurer. La VUB (:unité d'enseignement des sciences d'ingénierie et d’architecture) est alors engagée afin d’accompagner cette mission. En 2007, la VUB présente diverses options de restauration, et en 2008 le bureau Ney & Partners est contacté pour l'élaboration des modifications.
Objet
Le pont de Wissekerke, unique en son genre, est l’un des ponts les plus vieux d’Europe. La technique de liaisons avec boulons, opposable à la technique dite « liaison du menuisier » utilisée pour les ponts similaires contemporains du pont de Wissekerke est très novatrice. De plus, la manière dont l’ingénieur Vifquain a parfaitement intégré la structure de suspension et le parapet fait que, d’une part, les matériaux (et donc le coût) sont réduits et d’une autre part, cette technique contribue à la raideur du pont par un fonctionnement en diagonale du garde-corps. Enfin, le pont est presque entièrement authentique : les colonnes, les portiques, les éléments de collier et le garde-fou sont originaux.
Particularités
De 1824 jusqu'en 1989, le pont était destiné à un usage uniquement privé. C’est lorsque la commune rachète le pont qu’il devient accessible au public. Dès lors, des calculs sont effectués, et révèlent que la capacité du pont est 10 fois moindre à celle normalement nécessaire à un pont public. Partant de cette constatation, l’idée d’insérer un nouveau pont formant une sorte de coque autour du premier est acceptée. Ainsi la construction initiale est déchargée et ne supporte plus que son propre poids. La coque peut se permettre d’être très mince de par sa forme ainsi que par la manière dont les forces sont transférées vers les rives. Le nouveau pont a été conçu comme un étui en acier, de cette façon le nouveau pont ne s’éloigne que très peu de son aspect original.
La coque en acier a été construite en trois parties : deux parties fixes encastrées dans la culée par le biais de deux poutrelles HEM soudées. Ces poutrelles sont bétonnées dans un massif de fondation ancré dans le sous-sol. Puis une partie centrale mobile, appuyée et reliée aux deux autres. Les deux extrémités du pont ont été munies d’un joint de dilatation d’1 cm.